cette promesse qu’il lui avait faite lui appartenait … c’était à elle seule … elle devait lui être gravée sur la peau … ces notes de musique, elle les avait imaginées virevolter pour elle … elle entendait de loin cette mélodie lui parvenir comme une offrande à son cœur … elle se voulait sa muse, il a préféré une ombre à qui tout fut offert dans un fracas assourdissant … pour elle la musique s’est tue … les notes ont rejoint cette autre … les prémisses furent trahies et la promesse usurpée … il lui a menti  …

piano

femme 9elle retourna à son refuge … là où elle pouvait laisser libre cours  à ses errances, ses blessures et ses pensées  douloureuses … ce lieu qui l’apaisait et dans lequel ses mots silencieux résonnaient librement … protégée de ses larmes qui sillonnaient son visage de ces mille chemins qu’elle avait pris pour l’aimer …

ombrefrémissante,  son parfum imprégnant toujours sa peau, et ce vertige qui l’empoigne violemment … elle n’a jamais su résister … vibrante, son empreinte légère perdure au delà du temps qui s’écoule lentement … ses plus intimes pensées dans ce piège savoureux se feront délectation … tout en elle est invitation suave … provocante insolence de tous ces sens qui la mènent  peu à peu à défaillir … trahison subtile dans laquelle se fond un désir ardent … à la dérobée seul son regard vous trompe …

piano femmelorsqu’elle franchit le pas de la porte, elle vit son piano au centre de la pièce …  un rai de lumière à travers les volets clos venait déranger la pénombre installée  … elle ferma les yeux brièvement comme prise d’un vertige …  puis  s’approcha lentement … des souvenirs affluaient se bousculant dans son esprit … elle revécut l’histoire de ces moments intenses qu’elle gardait jalousement … précieux et encore vivaces … une douce musique en jaillit soudainement … elle qui fut sa muse de tous les instants … son inspiration passionnée … frissonnante elle n’aspirait qu’à retenir le temps … retenir ces notes qui résonnaient encore … fébrile sans jamais assouvir ce besoin de la façonner encore et encore … partitions endiablées … il avait créé l’inestimable en elle … lui appartenir furieusement   …

femme 8… et subitement, j’ ai renoncé à ses barrières qui un temps me protégeaient …  je fus comme libérée me découvrant vibrante … passionnée … révélée … ma fragilité me paraissait si distante … mon élan vers cet inconnu … une invitation à tous mes sens éveillés … j’ai touché d’un doigt léger ce lointain visage … il n’y eut aucune étrangeté dans ce geste … et j’ai peint mes mots en fresques autour de mes sentiments …  je me suis offerte à la douceur tourmentée … je n’ai pas connu la peur … et pourtant … une douleur lancinante me parvient  … ma peau frissonne et aucun doute ne m’effleure … il est trop tard … elle me vaincra …

 

les soirs, peu avant la tombée du jour, la clarté peine à résister quand la pénombre lui reproche sa présence … sa solitude reprend ses droits … ces moments qu’elle vole au temps pour n’appartenir qu’à elle … l’inspiration se fait maîtresse de ses écrits … et les mots se bousculent et s’enracinent … ses mots … ceux qui la caressent et la dissimulent … surtout … elle … racée, indomptable mais si vulnérable et trahie par le verbe qu’elle dépose et sème au gré de ses passions … sa fragilité se heurte à son écriture trépidante dont la chaleur consume les pages de son histoire … légère et secrète … d’un rythme saccadé ses pensées les plus intimes se dévoilent … le temps la presse … la lueur du soir s’est faite l’ombre de la nuit …
f ecrit

s’agirait-il de suivre son instinct … ce dernier n’a pour principe de ne pas se retourner … il ne se vante d’ailleurs pas d’être guide … une potentielle idée … un soupçon dans mes pensées les plus lucides … uniquement les plus lucides … les autres ne sont que voyages qui me chavirent … et qui me tentent bien plus … certes … ce sont celles vers qui va ma préférence … du reste …Image