piano femmelorsqu’elle franchit le pas de la porte, elle vit son piano au centre de la pièce …  un rai de lumière à travers les volets clos venait déranger la pénombre installée  … elle ferma les yeux brièvement comme prise d’un vertige …  puis  s’approcha lentement … des souvenirs affluaient se bousculant dans son esprit … elle revécut l’histoire de ces moments intenses qu’elle gardait jalousement … précieux et encore vivaces … une douce musique en jaillit soudainement … elle qui fut sa muse de tous les instants … son inspiration passionnée … frissonnante elle n’aspirait qu’à retenir le temps … retenir ces notes qui résonnaient encore … fébrile sans jamais assouvir ce besoin de la façonner encore et encore … partitions endiablées … il avait créé l’inestimable en elle … lui appartenir furieusement   …

femme 8… et subitement, j’ ai renoncé à ses barrières qui un temps me protégeaient …  je fus comme libérée me découvrant vibrante … passionnée … révélée … ma fragilité me paraissait si distante … mon élan vers cet inconnu … une invitation à tous mes sens éveillés … j’ai touché d’un doigt léger ce lointain visage … il n’y eut aucune étrangeté dans ce geste … et j’ai peint mes mots en fresques autour de mes sentiments …  je me suis offerte à la douceur tourmentée … je n’ai pas connu la peur … et pourtant … une douleur lancinante me parvient  … ma peau frissonne et aucun doute ne m’effleure … il est trop tard … elle me vaincra …

romy 4écorchée vive, je sais mon regard qui se voile et se détourne … l’objectif, intriguant … inquisiteur … parfois violent n’a jamais su capturer ces moments … il n’a jamais su révéler au delà de ce qu’il lui a été permis … je fus de celles qui aura vibré … tout me fut passion … j’ai possédé et ne le fut jamais … je me suis dérobée … insaisissable … j’ai toujours été un secret … et personne ne l’a su … personne …

 

les soirs, peu avant la tombée du jour, la clarté peine à résister quand la pénombre lui reproche sa présence … sa solitude reprend ses droits … ces moments qu’elle vole au temps pour n’appartenir qu’à elle … l’inspiration se fait maîtresse de ses écrits … et les mots se bousculent et s’enracinent … ses mots … ceux qui la caressent et la dissimulent … surtout … elle … racée, indomptable mais si vulnérable et trahie par le verbe qu’elle dépose et sème au gré de ses passions … sa fragilité se heurte à son écriture trépidante dont la chaleur consume les pages de son histoire … légère et secrète … d’un rythme saccadé ses pensées les plus intimes se dévoilent … le temps la presse … la lueur du soir s’est faite l’ombre de la nuit …
f ecrit